Le futur de l’impression 3D

J’ai passé la soirée à l’évènement “Objets de la Nouvelle France Industrielle”, 4e saison. C’est une conférence organisée au sein du Ministère des Finances, à Bercy, par notre ministre du redressement productif. Je n’y suis pas allé pour ce personnage (je préfère me tenir loin des débats politiques, je me méfie de ce domaine; j’ai mon opinion basée sur mes convictions, je participe à mon devoir civique, et nous ne sommes pas là pour parler de ça). J’y suis allé avant tout parce qu’on y parlait d’impression 3D, et aussi de vêtements “intelligents”, de matériel audio “HD” et de cuisine “du futur”.

Cet article se concentre sur l’impression 3D, je parlerai du reste dans un autre article.

La conférence était présentée par Raphael Gorgé, qui dirige le groupe Gorgé avec son père. L’accent est mis sur la taille intermédiaire de la société (millier de personnes), son approche familiale, sur l’activité technologique, etc. J’ai trouvé cette personne particulièrement charismatique, très claire, de bonne prestance, sans négliger un humour fin, et une bonne répartie.

Cette société a récemment acquis l’entreprise Phidias Technologies, qui a développé une technique d’impression 3D ma foi très intéressante. Celle ci couple la stéréolithographie, une technique très précise mais très lente, avec la technique du DLP (qui fait fonctionner les projecteurs vidéos), mais avec une amélioration notable: la tête d’impression DLP peut se déplacer, ce qui permet d’imprimer des objets beaucoup plus gros, bien plus rapidement. Les caractéristiques techniques de cette “super imprimante 3D” peuvent se résumer en quelques points:

  • Grande résolution, ce qui permet d’imprimer des objets précis. On parle de quelques dizaines de microns, ou mieux.
  • Grand volume d’impression, ce qui permet d’imprimer de grands objets, ou bien une grande quantité de petits objets en une fois
  • Grande vitesse, ce qui permet d’être compétitif d’un point de vue industriel.

Cette technique pourrait bien réunir deux univers qui pour le moment sont disjoints:

  • le domaine de la fabrication des prototypes, qui permet de fabriquer rapidement des objets en très petite quantité, avec un prix élevé.
  • le domaine du moulage par injection, qui permet de produire rapidement et à bas coût de grandes quantités d’objets identiques (avec un gros investissement initial pour le moule).

Ainsi, on arrive à une capacité de production imprimée raisonnable, sans pour autant sacrifier un point important: la possibilité de personnaliser la production. En effet, rien n’oblige à imprimer plusieurs fois le même objet.

Le concept intéressant, c’est donc d’avoir réussi à faire une imprimante plus grande, sans sacrifier la résolution. Une grande partie de l’intérêt est dans la présentation et dans l’exploitation, et non dans la technique elle même: au lieu de présenter une machine pouvant imprimer de gros objets précis, on présente la machine comme pouvant imprimer simultanément une série d’objets. La technique requise est bien entendu commune, mais pas l’objectif.

C’est un des points importants que j’ai découvert en grandeur nature ce soir. Aucun projet que j’ai découvert ce soir n’est techniquement innovant. Par contre, les usages présentés le sont.