Interlude: ça oscille

Hello

Petite interruption dans le flux de mes projets: des copains radioamateurs et amateurs de micro-ondes sont en train de faire un projet de transverter (translateur de fréquence) pour trafiquer sur la bande des 13 cm (2300-2450 MHz) à partir d’un poste UHF (~432 MHz). Ceci nécessite la réalisation d’un oscillateur à environ 2 GHz. Non, vous pouvez ranger le NE555.

J’avais dit que je me concentrais, mais c’est différent: c’est pas une distraction sans avenir, c’est un vrai projet pour aider un grand nombre de personnes!

Pour y arriver, on prend un VCO commercial (oscillateur à fréquence variable… un peu n’importe comment), et on n’y ajoute (non, pas un potentiomètre), une PLL, qui permet d’asservir la fréquence du VCO à une autre fréquence de référence plus gérable, ici 10 Mhz (parce que c’est une valeur de référence classique).

Pour vous y retrouver, c’est comme un thermostat, mais on règle pas une température, on règle une fréquence d’oscillation.

Je suis donc en train de reprendre un projet existant pour l’améliorer et le tailler à nos besoins.

Le résultat va être un kit, si tout se passe bien il y aura environ 100 commandes. Mais c’est en fait une commande groupée, le but n’est pas commercial. Cette fois, c’est moi qui gère l’orga, avec l’aide de quelques potes. Un sacré boulot en perspective, surtout pour le dispatch!

Je reste volontairement flou sur la page du projet, elle est faite avant tout pour les gens concernés qui sauront y trouver les infos qui les intéressent. Si vous savez vraiment de quoi il s’agit, et que vous voulez participer à la commande, N’hésitez pas à me contacter par ce site pour en discuter.

C’est ici: http://www.f4grx.net/ol13

73,

Sébastien F4GRX.

Le long chemin de la réalisation d’une imprimante 3D

Dans ces jours silencieux, ce n’est que le blog qui est resté blanc! J’ai beaucoup avancé sur mes réalisations, en particulier sur l’impression 3D.

eShapeoko

Je développe encore mon expertise 🙂 Je conçois maintenant pas mal d’objets à partir d’assemblages de morceaux découpés dans des plaques de MDF 6mm. Après le support de turbines, j’ai fait une nouvelle boite pour l’électronique de l’imprimante (avec l’arduino mega reçu, le Pololu de l’extrudeur, les mosfets de commande des chauffages et ventilateurs, et beaucoup de connectique!)

Contrôleur d'imprimante 3D (état au 9 déc 2013)
Contrôleur d’imprimante 3D (état au 9 déc 2013)

Il reste encore un peu de câblage à finir.

Coté usinage encore, j’ai trouvé une broche qui me fait de l’oeil, la Milwaukee DG30E, dispo chez BHV, 500 watts, 33000 rpm, pinces interchangeables, et surtout, pas de jeu! Seule inconnue: le bruit!

Coté logiciel, Marlin tourne déja dans l’Arduino, avec une configuration adaptée à ma machine, très similaire pour la commande à une carte Generation 7 ou à un shield RAMPS.

Coté chauffage

J’ai enfin pu utiliser le tour et la fraiseuse de l’Electrolab, merci encore à Ellyan pour sa patience et sa pédagogie. Je ne prétends pas encore maîtriser ces machines complexes, mais je commence au moins à me débrouiller. J’ai réalisé les pièces suivantes, qui réimplémentent d’une manière simplifiée l’extrudeur miniature de la foldarap:

  • Equerrage et surfaçage d’un bloc 10x12x20mm pour le corps de chauffe. Perçage à 6mm pour la résistance de chauffage, perçage et taraudage M4 pour la mini-buse et le tube en acier de connexion à la partie froide.
  • Equerrage et surfaçage d’un bloc de 10x12x40mm pour le corps froid. Perçage à 3mm pour la fixation sur le radiateur, perçage et taraudage M4 pour la connexion à la partie chaude, et perçage/taraudage borgne M5 pour l’embout pneumatique.
  • Surfaçage, perçage concentrique à 2mm et 0.5mm dans de la tige filetée laiton pour fabriquer la buse. Je remercie énormément Emmanuel Gilloz de m’avoir indiqué cet objet, particulièrement simple à réaliser et extrêmement économique (encore plus que mes boutons en laiton du BHV!).
  • Perçage concentrique et réduction de diamètre de vis filetée M4 pour la connexion entre les blocs chauds et froids (isolateur thermique)
  • Surfaçage du radiateur pour permettre la fixation du bloc froid.

Si vous avez tout suivi, vous devez imaginer à quoi ressemble mon extrudeur. Dans tous les cas, en voici une image:

Extrudeur type Foldarap
Extrudeur type Foldarap. L’isolateur est une version de test, trop courte.

Coté filament

Mon extrudeur est de type “Bowden”, c’est à dire que le chauffage et l’avance du filament sont séparés par un tube flexible. Il me faut donc créer un bloc d’avance de filament. Celui ci a été conçu selon ma méthode MDF, il se base sur un moteur pas à pas pas très costaud, mais dont l’axe est cannelé juste comme il faut pour m’éviter la fabrication d’une vis d’avance! Et dire que ce moteur dormait depuis plusieurs années dans un tiroir… Comme quoi la récupération a du bon 😀

Etat actuel du pousse-filament
Etat actuel du pousse-filament
Modélisation du pousse-filament
Modélisation partielle du pousse-filament

Lit chauffant

Je n’ai encore rien fait de ce coté, je sais qu’il est indispensable pour l’ABS, mais pour le PLA, ce n’est pas le cas. je le construirai si besoin.

 

Le moment de la première impression s’approche donc à grands pas!

Résumé du 3D Print Show Paris 2013

Ca faisait longtemps que je n’avais rien écrit n’est ce pas? Et en plus pour m’aider, firefox et wordpress viennent de me jouer un coup combiné en plantant, puis en me faisant perdre intégralement 2 heures d’article que je venais de rédiger. Ma motivation en a pris un sacré coup, désolé si cet article est un peu rapide 🙁

Donc oui… Rien écrit mais pas inactif, j’ai consacré mon temps à la création… Et il est précieux ce temps, je peux seulement utiliser le mardi (et parfois le jeudi) pour faire de la mécanique à l’Electrolab, et le week end pour faire tourner la fraiseuse (sinon les voisins vont me détester). Le reste des soirées, c’est modélisation, imagination, réflexion, et repos (aussi, un peu, parfois).

Le 3D Print Show Paris 2013

Et balade, parce qu’il y a quelques semaines, c’était le 3D Print Show Paris, et que je suis allé voir à quoi ça ressemblait, ce qui a été l’occasion de rencontrer quelques twitteurs, @hugokernel et @alf_arobase en particulier. Le salon a été rigolo, et certains points assez décevants: une fois qu’on a vu une imprimante, on en a vu 10, parce que 8 d’entre elles sont basées sur la makerbot et les deux autres sont sans intérêt: un industriel doté de millions de dollars est censé savoir faire suffisamment de R&D pour pondre une imprimante 3D… La preuve, plein de startups y arrivent… mais ce n’est pas seulement la machine qui fait l’impression 3D… L’esprit de son créateur, les services associés, tout cela contribue à rendre une aventure intéressante.

Toutes les imprimantes ne se valent pourtant pas en qualité, la pire qu’il m’a donné été de voir étant probablement celle de Pearl, un vendeur d’Electronique “cheap”, qui a donc produit une imprimante “cheap” au look de Playmobil, je veux même pas voir les logiciels… Oui, ça imprime, mais alors… On fera pas grand chose de plus que des jouets avec ça. De manière très amusante, il faut d’ailleurs remarquer que le prix de la machine n’a que très peu souvent de rapport avec la réelle qualité d’impression…

3D Print Show Paris: La tentative Pearl
3D Print Show Paris: La tentative Pearl. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Stand suivant en partant par le bas, makerbot, tiens allons voir le traître sous le nez, eh bien c’est pas joli joli, les roulements à billes linéaires ont dû sembler trop chers, alors on a choisi des paliers en laiton fritté, qui s’usent plus vite et prennent du jeu, c’est bien dommage pour tous ces acheteurs naifs qui leur ont fait confiance…

Makerbot crappy sintered "linear bearings"
Makerbot crappy sintered “linear bearings”. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

 

Coté Ultimaker par contre, ce n’est pas la même chanson, cette entreprise semble se souvenir de ses origines open source et bon esprit, et avait installé un mur d’imprimantes qui fabriquait en boucle (gratuitement) des bracelets. Je crois que c’était les seuls qui ont fait ça… On reste donc avec une entreprise généreuse focalisée sur la qualité et le respect de ses utilisateurs, qui produit de bonnes machines, du bon logiciel (cura slicer) et ne se moque pas de ceux qui leur ont fait confiance. L’Ultimaker 2 était présentée, “belle machine qui ferait joli dans un fablab” dit on à coté de moi, marrant, perso je m’intéresse plus à la qualité d’impression qu’à la décoration… Et c’est sûr, elle imprime bien. Si je n’étais pas parti sur ma conception perso, celle ci aurait été dans ma short list.

Beaucoup de monde au mur d'imprimantes Ultimaker
Beaucoup de monde au mur d’imprimantes Ultimaker. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

L'Ultimaker 2
L’Ultimaker 2. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Bon, il y avait plein d’autres sociétés, par exemple Dood Studios déja rencontrés à W2C13, qui font une imprimante bien sympa, open source, et accompagnée de services de formation, mais les autres… boaf, on attend des machines qui marchent, quoi…

Les gens sympas se reconnaissent à l'encombrement du stand. @doodstudios
Les gens sympas se reconnaissent à l’encombrement du stand. Bravo les gars. @doodstudios . Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Il fallait aussi noter deux participations très intéressantes, Reprap et InMoov.

Le projet Reprap était incarné par Emmanuel Gilloz, le père génial de la Foldarap, et Alain Skiba, fondateur de 3D Print Skin, un service collaboratif d’impression 3D. Ils étaient prêts à boycotter le show en raison de la présence exclusive d’industriels, mais ont finalement décidé de faire entendre leur voix. Nous les en remercions beaucoup, et nous n’oublierons pas de faire la morale à tous les autres, qui ont parfois oublié que sans le projet RepRap et la communauté démarrée par Adrian Bowyer est à la base de leur présence au show. Pas de RepRap, pas de popularisation de l’impression 3D, pas de business global dans cette branche…

3D Print Show Paris : Emmanuel Gilloz @WatsDesign sur le stand RepRap
3D Print Show Paris : Emmanuel Gilloz @Watsdesign sur le stand RepRap. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Alain Skiba, @3dprintskin
Alain Skiba, @3dprintskin . Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

La foldarap, une des meilleures machines open source. Compacte et pliable!
La foldarap, une des meilleures machines open source. Compacte et pliable! Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Notons finalement la présence du robot InMoov et de son créateur Gael Langevin. Cette machine est vraiment merveilleuse; son concepteur a fait un travail fantastique de modélisation de formes humaines. Le visage et les volumes corporels sont particulièrement bien réussis, le robot a une apparence très sympathique, et le logiciel de pilotage commence à faire des choses très intéressantes (Le pilotage à la voix est l’une d’entre elles). Gael était très gentil, j’ai beaucoup apprécié les discussion avec lui; je suis ce projet depuis un moment sur le blog du projet, et j’étais très content de pouvoir le féliciter. Encore bravo, superbe réalisation!

InMoov et son concepteur
InMoov et Gael Langevin, son concepteur. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Le robot est piloté par des servomoteurs, utilisés d’une manière particulièrement créative, c’est à dire en déportant le potentiomètre de recopie sur l’axe piloté, ce qui, en mot simples, permet une démultiplication de la force des servomoteurs, et des mouvements amples et fluides. Le tout est commandé par une bonne quantité d’arduinos et de hubs usb. Les yeux sont faits de caméras, qui servent à détecter et suivre des objets.

InMoov: une partie de l'électronique
InMoov: une partie de l’électronique. Photo By Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Pour finir, ils présentaient également un bras dont chaque doigt était indépendant, le tout piloté par un contrôleur Leap Motion:

Bras InMoov piloté par LeapMotion
Bras InMoov piloté par LeapMotion. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Bon, il y avait aussi une salle “artistique” avec des choses imprimées en frittage de poudre par quelque gros industriel. C’est joli, oui. Avant, on savait faire pareil en scultptant une branche d’olivier avec quelques limes et ciseaux à bois… Mais bon, les amateurs apprécieront!

Un oiseau artistique
Un oiseau artistique. Photo by Sebastien F4GRX, CC-BY-NC-SA

Le reste des images est hébergé sur mon dropbox OVH. si la publication expire, demandez moi de la remettre en ligne. Toutes les photos que j’ai fait au 3D Print Show sont exclusivement disponibles sous licence Creative Commons – Attribution – Non Commercial – Share Alike (CC-BY-NC-SA), sauf autorisation écrite de l’auteur, Sébastien F4GRX.

 

 Conclusion

J’ai passé 2 jours bien sympas, même si tous les exposants n’avaient pas tous des trucs merveilleux à offrir. Il faut dire que je fais partie d’une espèce un peu spéciale, celle des ingénieurs, et que j’ai donc des attentes assez exigeantes sur ce qu’est un bon objet technique. Il m’est facile de détecter les défauts quand je sais ce que je cherche, et je suis allergique au blabla. Donc tout ce qui mettait en avant le blabla pour cacher des défauts m’a donné des boutons qui grattent, et j’ai tendance à parler de ça…

Malgré tout j’ai pu faire de bons contacts avec des gens intéressants, et toutes ces machines qui tournent m’ont bien inspiré et donné des idées que j’appliquerai sur mon modèle… Ou que j’éviterai d’appliquer!

A demain pour la description de l’avancement de ma propre machine.